vendredi 31 janvier 2014

La prochaine création...

C'est fou comme l'artiste est connecté à ce qu'il vit et ce, parfois, de façon inconsciente...

La prochaine création de la Cie Kaïros va traiter de 2 sujets en parallèle:
Le monde post- moderne et en quoi l'individu vit dans un nouveau monde: finit le mythe du progrès, vive le ici et maintenant. Un avenir peu prometteur et tout le monde vit au présent. Nous ne prions plus pour que demain soit meilleur, nous méditons pour mieux vivre le présent!
Parce que la réalité n'est pas gaie, le virtuel supplante tout. Le jeu, le hasard deviennent des règles de vie. L'individu est morcelé selon ses aspirations profondes, il vit en tribu qui répondent à ses émotions, il est multiple. L'important, c'est lui, ce qu'il est. Il se perd parfois mais peu importe. La masse n'a pas d'intérêt, le "demain sera mieux" ne fonctionne plus.

Evidemment, ces mots sont ma traduction simplifiée de ce que j'ai pu lire dans les livres de Michel Maffesoli.

Et puis, il y a ce que le cerveau comprend, ce qui "s'allume" selon l'émotion, l’événement. A vivre derrière des avatars, dans le doute et l'insécurité de lendemains qui déchantent, comment s'adapte notre cerveau ? Il va sans dire que je ne suis pas scientifique ni chercheur, alors je lis, j'essaie de comprendre et parfois même j'y arrive. J'accepte l'idée que je ne comprends peut- être que ce qui m'intéresse. Je fais probablement un tri subjectif dans les informations afin qu'elles alimentent mon propos initial! Il se peut même que je cherche et donc ne trouve que les informations qui corroborent ce que je pressens. J'ai donc conscience que ma démarche n'est pas scientifique mais empirique et avant tout artistique.

Si il existe une corrélation négative entre l’activité des aires impliquées dans la conscience de soi et celles intervenant dans la conscience du monde extérieur (voir étude jointe ci-dessous), cela veut- il dire que l'individu post- moderne, en considérant ses émotions comme sa raison, en ne fonctionnant qu'au présent, en acceptant qu'il est multiple et en donnant une suprématie à sa petite voix intérieure sur toute autre injonction extérieure vécue comme néfaste et aliénante, se coupe du monde extérieur? De fait, les individus que nous sommes ne tolèrent le monde extérieur qu'au travers des tribus que nous choisissons dans les réseaux sociaux et autres jeux. Le monde moderne a laissé la place à une génération qui ne croit plus, n'espère plus et ne fait plus le pari de l'après au détriment de son présent. Nous ne vivons plus dans une société du mérite et des efforts récompensés. L'individu est seul face aux incertitudes de sa vie (par opposition au monde moderne qui se proposait d'offrir une vie meilleure en travaillant), il crée des avatars qui le représentent dans certaines communautés, à certains moments de sa vie. Il se montre... un peu. Le réel flirte avec l'irréel, la raison côtoie l'imagination. Le monde est désenchanté, l'individu le réenchante par le jeu.Il avance à tâtons. A se "connecter" à sa petite voix intérieure, nous en sommes moins sensibles au monde extérieur: pas individualistes car certains porteront toujours l'avenir de la planète et alerteront leurs communauté par réseaux sociaux interposés! Non, mais le discours généraliste des politiques ne nous atteint plus et les grandes promesses collectives ne nous captivent plus...

Extrait de mes lectures sur le fonctionnement du cerveau...
exemple: Etude de l'Université de Liège: http://reflexions.ulg.ac.be/cms/c_9429/quand-le-cerveau-predit

"C'est fou comme l'artiste est connecté à ce qu'il vit et ce, parfois, de façon inconsciente..." J'ai mis plusieurs semaines à réaliser (le temps du déni) que mon travail tournait autour du cerveau et qu'il y aurait un cerveau re-visité sur le plateau dans la prochaine création alors qu'un homme cher à mon cœur, que j'aime infiniment et profondément, se bat contre une tumeur au cerveau. 

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